Oreilles douloureuses à l'atterrissage en avion : pourquoi et comment les prévenir
La descente commence, la pression monte dans les oreilles, puis la douleur s'installe, parfois au point de gâcher la fin du voyage. Ce phénomène très courant s'explique par un simple déséquilibre de pression, et quelques gestes bien placés suffisent le plus souvent à l'éviter.

L'essentiel en 5 points
- La douleur vient d'un déséquilibre de pression entre l'oreille moyenne et la cabine, plus marqué à la descente qu'au décollage.
- Déglutir, bâiller, mâcher ou pratiquer une manœuvre d'équilibrage douce ouvre la trompe d'Eustache et rétablit l'équilibre.
- Un rhume, une sinusite ou une allergie augmentent nettement le risque : demandez conseil avant de voler.
- Chez le bébé, faire téter ou boire pendant la descente est souvent très efficace.
- Une douleur intense, un écoulement, une baisse d'audition ou des vertiges qui persistent après le vol justifient une consultation.
Beaucoup de voyageurs connaissent cette sensation : à l'approche de l'atterrissage, les oreilles se bouchent, les sons deviennent étouffés et une douleur sourde, parfois vive, apparaît. Les enfants pleurent, les adultes avalent leur salive sans grand résultat. Ce phénomène, que les médecins appellent barotraumatisme de l'oreille, est le plus souvent bénin et passager. Il se prévient pourtant très bien, à condition de comprendre ce qui se passe et d'agir au bon moment, c'est-à-dire dès le début de la descente.
Pourquoi la descente fait plus mal que le décollage
Derrière le tympan se trouve une petite cavité remplie d'air, l'oreille moyenne. Elle communique avec l'arrière du nez par un fin conduit, la trompe d'Eustache, qui s'ouvre brièvement quand on avale ou qu'on bâille pour égaliser la pression. En cabine, la pression baisse pendant la montée puis remonte pendant la descente. À la montée, l'air de l'oreille moyenne s'échappe facilement par la trompe. À la descente, au contraire, il faut faire entrer de l'air dans l'oreille moyenne, et la trompe, qui a tendance à rester fermée, s'ouvre plus difficilement. Le tympan est alors aspiré vers l'intérieur, ce qui provoque la sensation d'oreille bouchée puis la douleur.
Les manœuvres qui fonctionnent
| Technique | Comment faire | Bon à savoir |
|---|---|---|
| Déglutir souvent | Avaler sa salive, boire de petites gorgées d'eau | Simple et sans risque, à répéter pendant toute la descente |
| Mâcher ou sucer | Chewing-gum, bonbon à sucer | Augmente la fréquence des déglutitions |
| Bâiller | Bâillement réel ou simulé, mâchoire bien ouverte | Ouvre efficacement la trompe d'Eustache |
| Manœuvre de Valsalva douce | Bouche fermée, nez pincé, souffler doucement comme pour gonfler les joues | Toujours en douceur, jamais en forçant |
| Manœuvre de Toynbee | Nez pincé, avaler sa salive | Alternative intéressante si la précédente ne suffit pas |
Le bon timing pendant le vol
- Rester éveillé à l'approcheRepérez l'annonce de début de descente, généralement une vingtaine à une trentaine de minutes avant l'atterrissage, et restez éveillé à partir de ce moment.
- Commencer avant la gêneDéglutissez, mâchez ou bâillez régulièrement dès le début de la descente, sans attendre que l'oreille se bouche : il est plus facile d'équilibrer progressivement que de rattraper un gros écart.
- Équilibrer à chaque sensation de pressionDès que l'oreille commence à se boucher, pratiquez une manœuvre douce. Répétez-la aussi souvent que nécessaire jusqu'au sol.
- Boire de l'eauL'air de la cabine est sec. Boire régulièrement maintient les muqueuses hydratées et multiplie les déglutitions.
- Continuer après l'atterrissageSi une sensation d'oreille bouchée persiste au sol, poursuivez les déglutitions et bâillements : elle disparaît généralement en quelques minutes à quelques heures.
Bébés et enfants : des astuces adaptées
Le bébé ne sait pas déglutir sur commande, mais il le fait naturellement en tétant. Proposez-lui le sein, un biberon ou une tétine pendant la descente, pas trop tôt pour qu'il soit encore en train de téter au moment où la pression change le plus. Les pleurs ne sont pas forcément mauvais signe : ils aident aussi à équilibrer la pression. Pour un enfant plus grand, une boisson à la paille, un bonbon à sucer adapté à son âge ou un jeu qui consiste à bâiller le plus fort possible fonctionnent bien. Gardez-le éveillé pendant la descente si vous le pouvez.
Voler enrhumé : précautions à prendre
Un rhume, une sinusite ou une allergie mal contrôlée augmentent fortement le risque de douleur, voire de lésion du tympan. Si vous devez voler dans ces conditions, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien. Selon votre situation, un traitement pour dégager le nez peut être proposé avant la descente ; ces médicaments ont toutefois des contre-indications, notamment cardiovasculaires, et ne doivent pas être pris sans avis. Lavez-vous le nez au sérum physiologique avant le vol. En cas d'otite en cours, un report du voyage peut être conseillé par le médecin.
Ce qui aide et ce qui aggrave
ACe qui aide
- Rester éveillé et actif pendant la descente.
- Mâcher, sucer, boire et bâiller régulièrement.
- Se laver le nez avant le vol en cas de rhume.
- Utiliser des bouchons d'oreilles spécifiques qui régulent la pression.
BCe qui aggrave
- Dormir pendant toute la descente.
- Voler avec un nez très congestionné sans avis médical.
- Forcer brutalement sur la manœuvre de Valsalva.
- Prendre l'avion peu après une plongée sous-marine.
Oreille encore bouchée après l'atterrissage : que faire ?
Il arrive qu'une oreille reste bouchée, avec une audition étouffée et une sensation de plénitude, après la sortie de l'avion. Dans la plupart des cas, la trompe d'Eustache finit par s'ouvrir d'elle-même en quelques minutes à quelques heures. Vous pouvez l'y aider en continuant à mâcher, bâiller et avaler, et en pratiquant de temps en temps une manœuvre d'équilibrage douce. La vapeur d'une douche chaude ou d'une inhalation d'eau chaude, en restant prudent pour éviter les brûlures, aide parfois à décongestionner le nez. Un lavage de nez au sérum physiologique est également utile si vous êtes enrhumé.
- N'introduisez pas de coton-tige ni d'objet dans le conduit auditif : le problème se situe derrière le tympan, pas dans le conduit.
- Évitez de reprendre l'avion ou de plonger tant que l'oreille n'est pas redevenue normale.
- Ne mettez pas de gouttes auriculaires sans avis médical, surtout en cas de douleur vive ou d'écoulement.
- Notez l'évolution : une amélioration progressive est rassurante, une aggravation ne l'est pas.
Quand consulter après un vol
Une oreille qui reste un peu bouchée quelques heures après l'atterrissage n'a rien d'inquiétant. Consultez en revanche si la douleur est intense, si un écoulement apparaît, si l'audition reste nettement diminuée ou si des vertiges, des bourdonnements ou une sensation de déséquilibre persistent au-delà de quelques jours. Un médecin pourra examiner le tympan et vérifier qu'il n'a pas été lésé. Une gêne similaire peut survenir dans d'autres circonstances, par exemple après la baignade, comme nous l'expliquons à propos des oreilles bouchées après la piscine, mais la cause et les remèdes sont différents.
En pratique : votre routine d'atterrissage
Avant le vol, si vous êtes enrhumé, lavez-vous le nez et demandez conseil à un professionnel de santé. Pendant le vol, gardez à portée de main une bouteille d'eau et un chewing-gum. Dès l'annonce de la descente, restez éveillé, mâchez, buvez, bâillez, et pratiquez une manœuvre d'équilibrage douce à chaque sensation de pression. Pour un bébé, faites-le téter pendant la descente. Si une gêne importante persiste plusieurs jours après le vol, consultez. Et pour un long trajet, pensez aussi à préparer votre arrivée : nos conseils pour récupérer vite du décalage horaire vous aideront à profiter pleinement de votre séjour.


