Les meilleures stratégies d’investissement pour préparer sa retraite en 2024

Préparer sa retraite ne consiste pas à trouver un placement miracle, mais à organiser durablement son épargne selon son âge, ses revenus et son niveau de risque acceptable. Voici comment construire une stratégie diversifiée, fiscalement cohérente et réellement tenable en 2024.

Les meilleures stratégies d’investissement pour préparer sa retraite en 2024

L'essentiel en 5 points

  • Commencez par chiffrer le revenu mensuel dont vous aurez besoin à la retraite.
  • Le bon niveau de risque dépend surtout du temps qui vous sépare de vos premiers retraits.
  • PER, assurance-vie et PEA sont complémentaires plutôt que concurrents.
  • Diversifiez vos placements et réduisez progressivement le risque à l’approche de la retraite.
  • Des versements réguliers et des frais maîtrisés comptent davantage qu’un pari sur le bon moment.

La retraite se prépare bien avant le dernier jour de travail: les pensions de base et complémentaires ne couvrent pas toujours le niveau de vie souhaité. En 2024, la stratégie la plus solide repose rarement sur un produit unique, mais sur un dosage entre épargne disponible, placements de long terme et fiscalité. Vous pouvez avancer méthodiquement, même avec une capacité d’épargne modeste.

Commencer par chiffrer son besoin de retraite

Avant de comparer un PER à une assurance-vie ou d’acheter de l’immobilier, posez un objectif concret. Estimez vos dépenses mensuelles futures: logement, alimentation, transport, loisirs, santé, aide éventuelle à des proches et impôts. Retirez-en les revenus de retraite attendus, en vous appuyant sur vos relevés de carrière et les simulateurs officiels. La différence correspond à votre complément de revenu à financer.

Raisonnez en euros d’aujourd’hui, puis prévoyez une marge pour l’inflation et les dépenses imprévues. Un propriétaire ayant fini de rembourser son logement n’a pas le même besoin qu’un locataire. De même, vouloir voyager souvent, aider des enfants adultes ou anticiper une perte d’autonomie modifie sensiblement le budget. L’objectif n’est pas de produire une prévision parfaite à trente ans, mais de disposer d’un ordre de grandeur qui guidera vos versements.

3 à 6 mois
de dépenses courantes à conserver en épargne de précaution avant d’investir à long terme
10 ans et plus
horizon généralement nécessaire pour supporter une part importante d’actions
1 fois par an
fréquence souvent suffisante pour revoir l’allocation d’un portefeuille retraite

Assainir son budget avant d’investir

Le premier investissement retraite est une situation financière stable. Conservez une épargne de précaution sur des supports sans risque et disponibles, tels qu’un livret réglementé ou un compte rémunéré, selon votre situation. Cette réserve évite de vendre des placements en baisse pour réparer une voiture, payer une franchise d’assurance ou traverser une période de chômage.

Examinez ensuite vos dettes. Rembourser un crédit à la consommation coûteux est souvent plus pertinent que rechercher un rendement incertain. Pour un prêt immobilier à taux bas, la réponse est moins automatique: rembourser par anticipation sécurise votre budget futur, tandis qu’investir conserve de la liquidité et un potentiel de rendement. Comparez le coût certain du crédit, les pénalités éventuelles, votre fiscalité et votre tolérance au risque.

  • À protéger: le fonds d’urgence, les assurances essentielles et la capacité à faire face à une baisse de revenus.
  • À automatiser: un virement mensuel juste après la paie, même modeste et ajustable.
  • À éviter: investir l’argent prévu pour un achat immobilier, des études ou une dépense certaine dans les prochaines années.

Adapter le risque à votre horizon de placement

L’âge compte, mais l’horizon réel compte davantage. Une personne de 60 ans qui prévoit de travailler encore cinq ans puis de retirer progressivement son épargne sur vingt ans n’a pas exactement le même profil qu’une personne qui doit utiliser tout son capital dans cinq ans. Plus vos premiers retraits sont éloignés, plus vous pouvez accepter des fluctuations temporaires en échange d’un potentiel de rendement supérieur.

Les actions peuvent connaître des baisses marquées et prolongées; elles ne conviennent donc pas à l’argent nécessaire à court terme. Les obligations, fonds en euros et supports monétaires visent davantage la stabilité, mais leur rendement potentiel est en général plus limité et l’inflation peut éroder leur pouvoir d’achat. Une allocation équilibrée combine ces rôles plutôt que de chercher un vainqueur universel.

Exemples indicatifs d’allocation selon le délai avant les premiers retraits
Horizon de retraitePart orientée croissancePart stabilisatrice et disponibleLogique
Plus de 15 ansEnviron 70 à 90 % d’actions diversifiéesEnviron 10 à 30 % de supports prudentsAccepter les variations pour viser la croissance à long terme
De 8 à 15 ansEnviron 45 à 65 % d’actionsEnviron 35 à 55 % d’obligations, fonds en euros ou liquiditésConserver du potentiel tout en amortissant les chocs
Moins de 8 ansEnviron 20 à 40 % d’actions selon le besoinEnviron 60 à 80 % de supports prudents et disponiblesSécuriser les retraits proches sans renoncer à tout potentiel

Choisir les bonnes enveloppes: PER, assurance-vie, PEA et épargne salariale

Les enveloppes fiscales françaises ne remplissent pas le même rôle. Le plan d’épargne retraite (PER) est conçu pour bloquer l’épargne jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage prévus par la loi, dont l’achat de la résidence principale sous conditions et certains accidents de la vie. Les versements volontaires peuvent, selon votre choix et votre plafond disponible, être déduits du revenu imposable. L’avantage est particulièrement intéressant pour les contribuables dont la tranche d’imposition est élevée, mais la fiscalité à la sortie doit être anticipée.

L’assurance-vie est plus souple: les retraits restent possibles et vous pouvez répartir l’épargne entre fonds en euros et unités de compte. Sa fiscalité devient généralement plus favorable avec le temps, notamment après huit ans de détention, et elle peut faciliter la transmission dans un cadre spécifique. Le PEA, lui, est dédié aux actions européennes et aux fonds éligibles; après cinq ans, ses retraits bénéficient d’un cadre fiscal avantageux sur les gains, sous réserve des prélèvements sociaux et des règles en vigueur.

Quel produit pour quel usage dans une stratégie retraite?
EnveloppeAtout principalLimite à connaîtreUsage pertinent
PER individuelDéduction fiscale possible à l’entréeÉpargne en principe indisponible avant la retraiteRéduire l’impôt tout en fléchant une part du capital vers la retraite
Assurance-vieSouplesse des retraits et variété des supportsFrais parfois élevés selon le contratConstituer une réserve de projets et de revenus complémentaires
PEACadre fiscal intéressant sur longue duréeExposition essentiellement actions, univers d’investissement encadréInvestir progressivement en actions pour un horizon long
Épargne salarialeAbondement éventuel de l’employeurDisponibilité et choix des fonds encadrés par le dispositifPriorité lorsque l’employeur complète vos versements

Diversifier les investissements au lieu de parier sur un seul actif

À l’intérieur de ces enveloppes, diversifiez autant les zones géographiques que les secteurs et les types d’actifs. Pour la poche actions, des fonds indiciels cotés, souvent appelés ETF, permettent d’accéder à de nombreuses entreprises avec un seul support et des frais parfois contenus. Vérifiez toutefois l’indice suivi, le niveau de risque, les frais totaux, la méthode de réplication et l’éligibilité à votre enveloppe. Un ETF n’est pas une garantie: sa valeur peut baisser fortement.

La pierre peut compléter un patrimoine, mais elle ne doit pas devenir votre unique plan retraite. La résidence principale réduit souvent les dépenses de logement à la retraite sans produire, à elle seule, un revenu disponible. L’immobilier locatif direct exige du temps, un apport, une gestion des travaux et une capacité à supporter la vacance ou les impayés. Les SCPI donnent accès à l’immobilier collectif avec un ticket souvent plus accessible, mais elles comportent aussi des frais, un risque de baisse de valeur et une liquidité imparfaite.

Versements programmés ou investissement d’une somme disponible?

AVersements réguliers

  • Facilitent la discipline budgétaire et lissent le prix d’achat dans le temps.
  • Conviennent bien aux revenus mensuels et aux personnes sensibles aux fluctuations.
  • Évitent d’attendre indéfiniment le prétendu meilleur moment pour commencer.

BVersement en une fois

  • Met immédiatement au travail une somme réellement destinée au long terme.
  • Peut être logique après une prime, une succession ou la vente d’un bien, si la réserve de sécurité est intacte.
  • Expose davantage au risque psychologique d’investir juste avant une baisse; un étalement peut rassurer sans supprimer le risque.

Tenir compte de la fiscalité et des frais, sans en faire l’unique critère

Un avantage fiscal n’est intéressant que s’il correspond à votre situation. Déduire un versement sur un PER est plus utile lorsque votre imposition actuelle est significative que lorsque vos revenus imposables sont faibles. Il faut aussi regarder la taxation future des retraits, notamment si vous prévoyez une pension confortable. Conservez vos avis d’imposition, contrôlez votre plafond d’épargne retraite et vérifiez les règles applicables l’année de chaque versement: elles peuvent évoluer.

Les frais méritent la même attention. Frais sur versement, frais annuels du contrat, frais des unités de compte, frais d’arbitrage et frais des fonds peuvent se cumuler. Sur deux ou trois décennies, un écart annuel apparemment modeste réduit sensiblement le capital final. Comparez les documents tarifaires et la qualité des supports proposés avant de signer; ne choisissez pas un contrat uniquement parce qu’il promet une réduction d’impôt ou un bonus commercial.

  • Demandez le coût total annuel de chaque support, pas seulement les frais visibles du contrat.
  • Vérifiez les conditions de sortie, de transfert, de rente éventuelle et de désignation des bénéficiaires.
  • Méfiez-vous des produits complexes, structurés ou non cotés si vous ne comprenez pas précisément le risque de perte et le délai pour récupérer votre argent.

Piloter son plan dans la durée et préparer les retraits

Investir pour la retraite n’est pas une opération à oublier pendant vingt ans. Une revue annuelle suffit souvent: vérifiez que les versements correspondent toujours à vos revenus, que l’allocation n’a pas trop dérivé et que vos bénéficiaires sont à jour. Rééquilibrer consiste à revenir vers la répartition prévue en vendant une part de ce qui a trop progressé ou en dirigeant les nouveaux versements vers les actifs devenus minoritaires.

À l’approche de la retraite, ne sécurisez pas nécessairement tout le patrimoine en une seule fois. Constituez plutôt une poche prudente destinée à financer les premières années de retraits et laissez le reste travailler à plus long terme, si votre budget le permet. Réfléchissez aussi au mode de sortie: retraits fractionnés, capital pour un projet précis, rente viagère ou combinaison des trois. Une rente apporte de la régularité mais réduit la disponibilité du capital; le retrait programmé conserve de la souplesse mais exige une gestion prudente.

Votre plan d’action pour démarrer dès maintenant

  1. Calculez votre écart de revenus
    Établissez votre budget de retraite souhaité et comparez-le à une estimation prudente de vos pensions. Notez aussi les gros projets prévus dans les dix prochaines années.
  2. Sécurisez vos fondations
    Constituez votre réserve d’urgence, faites le point sur les crédits coûteux et choisissez un montant mensuel qui ne fragilise pas votre budget.
  3. Répartissez les rôles
    Utilisez l’épargne salariale abondée si elle existe, le PER pour l’épargne réellement bloquée et fiscalement pertinente, puis l’assurance-vie ou le PEA pour la souplesse et le long terme.
  4. Investissez progressivement
    Mettez en place des versements automatiques sur des supports diversifiés cohérents avec votre horizon. Évitez de modifier le plan à chaque variation des marchés.
  5. Révisez sans vous disperser
    Une fois par an, ajustez les versements après une hausse de salaire, un changement familial ou un nouveau projet, puis réduisez graduellement le risque à l’approche des retraits.
Questions fréquentes

On répond à vos questions

Combien faut-il épargner chaque mois pour préparer sa retraite?

Il n’existe pas de montant universel. Commencez par le complément de revenu que vous souhaitez obtenir, votre âge, vos pensions estimées et votre patrimoine existant. Un petit versement régulier commencé tôt peut être plus efficace qu’un effort important commencé tard. Si votre budget est serré, démarrez avec une somme modeste, automatisez-la, puis augmentez-la après chaque hausse de revenus ou remboursement de crédit.

PER ou assurance-vie: quel placement privilégier pour la retraite?

Le PER est pertinent si vous acceptez l’indisponibilité de l’épargne jusqu’à la retraite et si la déduction fiscale répond à votre situation. L’assurance-vie est généralement plus adaptée pour garder une réserve accessible, diversifier vos supports et préparer des retraits souples. Dans de nombreux cas, les deux se complètent: PER pour une partie dédiée à la retraite, assurance-vie pour la flexibilité.

Est-il trop tard pour investir pour sa retraite après 50 ans?

Non. Vous avez encore souvent plusieurs années de versements, puis une longue période de retraite durant laquelle une partie du capital peut rester investie. En revanche, votre stratégie doit mieux protéger l’argent nécessaire dans les premières années. Évitez un portefeuille entièrement risqué, mais ne renoncez pas automatiquement aux actions: une part raisonnable peut aider à lutter contre l’inflation sur le long terme.

Faut-il investir en immobilier pour compléter sa retraite?

L’immobilier peut apporter des revenus ou réduire vos dépenses de logement si votre résidence principale est remboursée. Mais un investissement locatif direct implique concentration géographique, travaux, fiscalité, vacance et gestion. Il est rarement prudent d’y consacrer toute son épargne retraite. Comparez son rendement réellement net, son effort de gestion et sa liquidité avec les placements financiers avant de vous engager.

Quels sont les risques des ETF pour une épargne retraite?

Un ETF diversifié réduit le risque lié à une seule entreprise, mais il reste exposé aux marchés qu’il suit. Sa valeur peut diminuer fortement lors d’une crise et il ne garantit pas le capital. Le risque se maîtrise surtout par la diversification, un horizon suffisamment long, une part sécurisée adaptée à vos retraits proches et le choix d’un ETF simple dont vous comprenez l’indice, les frais et l’éligibilité à votre enveloppe.

Peut-on retirer son argent d’un PER avant la retraite?

Le PER est en principe bloqué jusqu’à la retraite, mais des sorties anticipées sont prévues dans plusieurs situations graves, comme certains accidents de la vie. L’achat de la résidence principale peut aussi ouvrir un déblocage pour certains compartiments. Les conséquences fiscales dépendent de l’origine des versements et du motif de sortie: vérifiez-les avant toute demande, car un retrait peut réduire l’intérêt fiscal initial du plan.

Mis à jour le 11 juillet 2026 · par La rédaction CDA